Il y a quelque chose de discrètement durable dans une rose. Elle ne se hâte pas d’impressionner. Elle s’ouvre lentement, pétale par pétale, maintenant une tension parfaite entre structure et douceur. Après avoir exploré les magnolias et le langage de la joie à travers les coquelicots dans ma précédente série In Bloom, il semblait inévitable d’en arriver ici, à la rose, un sujet qui porte à la fois histoire et émotion en parts égales.
Cette collection, Roses en fleur, réunit une série de mes aquarelles qui explorent les roses à différents stades : fraîches, en train de s’ouvrir, pleinement épanouies, et même celles sur le point de faner. Car la beauté ne disparaît pas avec le temps, elle change de forme.
Cette série sera présentée lors de mes prochaines expositions cette saison, notamment Riverdale ArtWalk et Art in the Park. Vous pouvez trouver les détails et les dates sur ma page d’exposition ici.
Une fleur imprégnée d’histoire
Les roses sont cultivées depuis plus de 5 000 ans, avec des origines remontant à la Chine ancienne. Elles sont apparues dans la mythologie, la médecine et l’art à travers les cultures, des roses symboliques des banquets romains à leurs significations multiples dans la floriographie victorienne, où chaque couleur portait un message différent.
Les roses rouges sont bien sûr devenues synonymes d’amour, mais historiquement, elles ont aussi représenté le secret (le terme sub rosa, signifiant « sous la rose »), la résilience et même la transformation. Leur présence dans des jardins comme la Ferme expérimentale d’Ottawa perpétue cette longue lignée, mêlant beauté cultivée et rythme naturel.
L’automne dernier, j’ai passé du temps à photographier des roses à la Ferme expérimentale, observant comment la lumière se déplace sur leurs surfaces, comment les pétales se courbent, s’affinent et s’adoucissent sur les bords. Cette année, je prévois une visite au Jardin botanique de Montréal pour poursuivre cette recherche, car les roses ne sont jamais tout à fait les mêmes deux fois.
Roses en mouvement
Ce qui me fascine le plus, ce ne sont pas les roses « parfaites », mais celles qui sont en transition.
Dans cette série, plusieurs œuvres se concentrent sur des roses qui fanent. Leurs couleurs s’adoucissent, leurs contours se relâchent, et leur structure devient plus expressive. Ce ne sont pas des fleurs en déclin, ce sont des fleurs en mouvement.
Il y a une forme de liberté dans cet état. Une légèreté qui ressemble presque à un souffle.
Peindre ces roses me permet d’explorer le geste autrement. Au lieu de maintenir la forme de manière rigide, je laisse le pigment voyager. Les contours se brouillent. L’eau devient plus active. Le résultat est quelque chose de moins contrôlé, mais souvent plus vivant.
Du point de vue de l’aquarelle
Les roses invitent à une attention différente.
Pour moi, elles relèvent moins de la précision que de la présence, de cette capacité à observer la manière dont une fleur se tient dans un instant précis. Certaines semblent structurées et centrées, tandis que d’autres paraissent dériver, leurs pétales s’ouvrant au-delà de toute forme fixe.
En les peignant, je suis attirée par ce contraste. La discipline tranquille de la forme, et la douceur qui inévitablement la déstabilise. Surtout dans les roses qui fanent, où la structure cède la place au mouvement, il existe un sentiment de relâchement qui semble essentiel à la série.
Dans ce contexte, l’aquarelle devient moins une question de contrôle et davantage une réponse, une façon de laisser la peinture refléter le rythme naturel de la fleur elle-même.
Une saison d’expositions
Ce corpus de travail fera partie de mes prochaines expositions en plein air, notamment :
Riverdale ArtWalk (Toronto)
Art in the Park (Ottawa)
Ces événements offrent l’occasion de découvrir les œuvres en personne, d’en voir l’échelle, la texture du papier et les superpositions subtiles qui ne se traduisent pas toujours à l’écran.
Si vous êtes à Toronto ou à Ottawa cette saison, ces événements valent vraiment le détour, non seulement pour mon travail, mais aussi pour l’incroyable communauté d’artistes qu’ils réunissent.
Poursuite de la série In Bloom
Cette nouvelle collection fait suite à Magnolias in Bloom et Happiness in Bloom, ma série de coquelicots où la couleur et le mouvement sont au premier plan.
Happiness in Bloom sera présentée chez Melt Studio and Gallery à partir du 16 mai, avec une sélection d’œuvres originales disponibles sur ma page d’art original ici.
Alors que les coquelicots misent sur la vitalité et l’immédiateté, Roses en fleur s’oriente vers quelque chose de plus silencieux et plus nuancé — une exploration de la forme, de la transition et de la beauté subtile du changement.
Ensemble, ces collections forment une conversation évolutive, chacune enracinée dans l’observation, mais guidée par une tonalité émotionnelle différente.
Compagnon poétique
Les roses ne se hâtent pas de devenir.
Elles rassemblent la lumière en plis silencieux,
retiennent la couleur comme un secret,
et ne s’ouvrent que lorsqu’elles sont prêtes.
Certaines arrivent dans l’éclat,
audacieuses, structurées, certaines d’elles-mêmes.
D’autres s’adoucissent sur les bords,
leur beauté glissant doucement dans l’air.
Mais même en fanant,
elles ne disparaissent pas.
Elles se relâchent.
Elles bougent.
Elles deviennent autre chose entièrement.
Et dans cet instant
quelque part entre retenir et lâcher prise
elles sont peut-être le plus elles-mêmes.
Cette série est, à bien des égards, la continuité de ce que j’explore depuis toujours : comment les fleurs peuvent contenir l’émotion, le mouvement et le temps. Les roses, elles, le disent simplement un peu plus doucement.

"Butterfly Waltz (La valse des papillons)", aquarelle originale sur papier, encadrée, 33 1/8 po (h) x 29 1/8 po (l).
Si vous souhaitez voir Roses en fleur en personne, j’aimerais beaucoup vous rencontrer lors d’une des prochaines expositions. Et si une œuvre vous parle particulièrement, n’hésitez pas à me contacter, ces pièces sont faites pour être vécues, pas seulement regardées.